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Mar 18 Mar - 9:45
Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie [Phoenix]
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Suite de Deux heures de colle, mon bichon.

Gregory avait quitté sa salle de classe une bonne demi-heure après son petit étudiant en larmes. Il avait bien senti qu'il avait été sincère dans ce qu'il lui avait dévoilé. Une partie de lui, brisée, qui ne demandait qu'un peu de soin et d'attention. Mais l'enseignant se sentait frustré de ne pas pouvoir l'aider, simplement parce que Phoenix semblait refuser en bloc la moindre petite marque d'attention que l'on pourrait lui porter. Il ne voulait pas qu'on lui tende la main, du moins il donnait l'image d'une personne forte, arrogante et sûre d'elle qui n'avait besoin de personne. Le professeur se reconnaissait parfaitement dans ce comportement. En couple avec son ancienne compagne et lorsque tout partait en couille, il avait également refusé toutes les mains tendues qui étaient prêtes à le sortir de la merde dans laquelle sa fiancée l'enfonçait jour après jour. Amoureux, beaucoup trop pour son bien, et attentionné envers elle, il ne voyait pas qu'il sombrait lui-même de plus en plus dans la drogue, l'alcool et un comportement qui aurait à terme pu le mener à la mort, sans exagération. Il avait cependant vu dans quelle situation catastrophique il plongeait et il avait mis un point final à tout cela en partant avec son meilleur pote. Cure et études avaient été ses anges, ses aides et ce qui lui avait redonné le goût à la vie.

Il avait le désire d'aider Phoenix à retrouver l'envie de sourire sincèrement et de ne plus s'enfermer dans cette sorte d'atroce carapace qui semblait le couvrir malgré lui. En marchant dans les couloirs pour se rendre dans sa chambre avec tout son bordel de travail, le professeur avait revu la situation légèrement irréelle qui s'était déroulée dans la salle de classe. Phoenix le déstabilisait. Il lui donnait encore plus l'envie de le sortir de cette existence morne, faite, uniquement de provocations puériles et agaçantes qui ne le menaient qu'à des punitions stupides alors qu'il aurait bien mieux à faire. En entrant dans son petit univers, Gregory déposa son ordinateur sur son lit et commença à se remettre au boulot. Il avait encore pas mal de choses à faire pour préparer son cours du lendemain. Mais impossible pour lui de se concentrer, il avait besoin de se vider le crâne une bonne fois pour toute. Une petite ligne lui aurait été bien utile, mais désormais sevré de ces conneries, il refusait d'y replonger. C'était de la merde en barre qui vous faisait croire à des éléphants roses avant de vous pomper jusqu'à ce que vous mourriez comme une chaussette, seul dans votre coin parce que vous avez perdu tous vos amis à cause de votre dépendance. Enfin vous l'aurez compris, Gregory exécrait la drogue et tout ce qui concernait ce monde. Le pire pour lui, ce n'était pas de voir des punks en train de se piquer ou de fumer dix joints par jours, non eux ils faisaient ce qu'ils voulaient ; c'était d'être le témoin de la dégradation physique et mentale, part les drogues, d'un adolescent qui ne cherchait au final qu'un peu d'aide que personne ne lui apportait. Ça, ça pouvait le rendre réellement violent envers les personnes qui ne voyaient rien, qui ne faisaient rien.

Poussant un grognement agacé, il fixa l'écran de son ordinateur. Il avait écrit deux idées en une demi-heure, autant dire qu'il n'était pas couché... Dehors, il pleuvait toujours averse. Il se leva et attrapa son paquet de cigarette et son perfecto avant de sortir et de fermer la porte de sa chambre à clef. Il monta les escaliers, ne croisant presque personne dans les couloirs, et ouvrit la porte qui donnait sur le toit. Il resta dans l'entrebâillement cependant pour ne pas se mouiller et allumé une clope qu'il commença à fumer en réfléchissant sur la situation. Plutôt complexe comme situation d'ailleurs. Il se demandait ce qu'avait bien pu vivre Phoenix pour être comme cela aujourd'hui, aussi tourmenté, presque schizophrène à force de se cacher derrière son masque d'acier et de moqueries. Il désirait ardemment lui venir en aide, mais il ne pouvait pas le forcer à tout lui raconter. Et c'était pourtant la seule manière pour lui de réellement l'aider, du moins c'était la seule qu'il voyait.

- Pourquoi j'suis devenu prof moi...

Il poussa un soupire dépité, de la fumé sortant de ses narines. Il était devenu professeur pour guider les jeunes et éviter qu'ils fassent les mêmes conneries que lui. Alors pourquoi il y parvenait pas à sa première année ici ? Ça faisait même pas un an qu'il se trouvait dans ce pensionnat et il était déjà bloqué dans une situation délicate. La soirée promettait de beaux mots de tête s'il continuait à se prendre le chou de la sorte...





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Mer 19 Mar - 23:59
Re: Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie [Phoenix]
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« Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie »
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Je suis un putain d’imbécile. C’est ce que je me répète depuis maintenant une bonne dizaine de minutes. Et ce pour plusieurs raisons. Déjà pour ma connerie de tantôt. Je m’étais laissé aller stupidement devant mon professeur et je le regrettais amèrement, maintenant que la tempête était passée. En entrant dans sa salle, j’étais censé mettre tout en œuvre pour l’agacer, qu’il s’énerve contre moi, et je serais reparti le sourire aux lèvres pour avoir réussi. Mais non. A la place, je m’étais mis à pleurer pitoyablement, il avait cherché à me réconforter, et c’est les larmes aux yeux que je suis sorti. Bien sûr, je pouvais toujours m’aider de ce moment de faiblesse pour obtenir ce que je souhaite. Sauf que je me le refuse. Car cet instant où je m’étais presque senti bien, en sécurité, avait été réel. Et je détestais ça. Je le détestais pour ça !

Alors j’étais retourné à ma chambre, la découvrant vide de présence. Ça avait été une aubaine. Soraru absent, je pouvais laisser sortir ma colère envers moi-même, et envers le monde entier. Même si cela signifiait mettre un bordel incroyable dans notre petite chambre. Ce qui ne serait pas la première fois, à dire vrai. J’avais donc pleuré. Beaucoup. La tête dans mon oreiller, étouffant mes sanglots. Tapant mon matelas, ne me faisant ainsi aucun mal. Puis une demi-heure après, j’étais parfaitement calme. Peut-être même un peu trop. La bombe menaçait d’exploser à tout instant, je le pressentais, mais je m’en moquais. J’étais dans ma bulle, et je ne faisais plus attention à quoique ce soit. J’aurais pu m’endormir par la suite, et tout aurait été fini sur ça. Mais non. J’avais oublié quelque chose d’important. Quelque chose qu’on vint me rappeler rapidement. Et les coups retentirent, frappant à ma porte.

Puis je m’étais retrouvé sur le toit, avec un connard qui parlait dans le vent puisque je ne lui prêtais aucune attention. Intérieurement, je le maudissais de m’avoir emmené ici. Il pleuvait merde ! Ok, comme ça on était certain que personne ne nous verrait, ni ne nous entendrait, mais ce n’est pas une raison. Juste pour ça, je compte bien lui refuser tout ce qu’il va me demander. Même si ça ne se résume qu’à une chose. Eh oui. Le sexe. Je lui avais promis de lui donner un peu de mon temps après mes heures de colle. Ça m’était sorti de la tête. Et je n’étais absolument pas d’humeur à m’envoyer en l’air avec le premier venu. Ma punition pour avoir rompu ma promesse était que j’allais attraper un rhume par sa faute. Et il allait me le payer. Très clairement. Je détestais être malade, plus que tout.

« Désolé, j’ai menti. Tu ne m’intéresses pas du tout. Maintenant dégage. »

En fait, je ne suis pas du tout désolé pour lui, mais il fallait faire un minimum convainquant. Sauf que mon ton plat et mon air neutre n’avaient strictement rien de convainquant. Je me sens soudainement soulevé du sol, et c’est avec difficulté que je respire. S’il ne lâche pas mon col dans la seconde qui suit, je lui colle un coup de pied bien placé, il s’en souviendra pendant longtemps. Il m’insulte. Et ça me passe par-dessus la tête. Il a amorcé la bombe. Le compte à rebours débute. Ce n’est qu’une question de seconde avant que je ne m’énerve. Et personne n’appréciera ceci, croyez-moi. Je lui lance un regard noir, qui ne l’impressionne pas pour un sou. Ce connard – comment l’appeler autrement avec ce qu’il fait, hein – ose plaquer sa bouche contre la mienne. Sans plus tarder, je lui mords la lèvre, jusqu’au sang. Résultat, il me frappe.

Moi non plus, je ne me laisse pas impressionner. Je me frotte un peu la joue. Son coup était plutôt faible. J’ai reçu bien pire. Mais il a quand même réussi à m’ouvrir le coin de la lèvre. Putain, il a bien visé. Bien pour m’emmerder. Parce que cette connerie va rester sur mon visage. Et on va me demander ce qu’il s’est passé. Moi, je vous emmerde tous. Tous autant que vous êtes. Ça ne vous regarde pas ! Mes pieds retouchent le sol. Gentil garçon. Tu viens d’éviter une douleur des plus atroces. Il me fixe un instant, puis crache sur le côté, et s’éloigne de moi. C’est bien, il a compris tout seul qu’il n’obtiendrait rien de moi. Pas aussi stupide que je ne le pensais. Je suis sa silhouette du regard, attendant qu’il disparaisse de mon champ de vision pour m’accorder un nouveau moment de faiblesse.

« Que… Jarvinen-sensei ?! » A ce simple nom, mes yeux s’écarquillent. Et je panique. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Il n’a rien entendu, hein ?







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Ven 21 Mar - 9:56
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Les volutes de fumé sortaient de la bouche entrouverte du jeune enseignant. Elles s'envolaient vers les cieux assombris par la nuit et le mauvais temps, se perdant dans une légère brume planant sur la ville à cause du froid. Les yeux du jeune homme regardaient ces effets blanchâtres qui se détachaient sur les cieux ténébreux. C'était comme dans un rêve. Ou un cauchemar plutôt. Il les avait regardé de nombreuses fois, ces volutes de fumé, alors qu'il était défoncé par une quelconque drogue à cause de son ancienne compagne qui avait encore réussi à revenir près de lui et à le faire tomber dans le ravin profond de la déchéance. En les fixant cette fois, sur ce toit, guéri de tout, ou presque, il en eu une seconde envie de vomir. Malgré son air assez indifférent, il était toujours autant touché et dérangé par ce qu'il avait vécu autrefois. Il avait décidément eu une adolescence des plus chaotique et il avait souvent plaint son entourage d'avoir dû le supporter. Jeune plongé dans un monde d'adulte, de mort, un monde assombri par ce qui aurait dû pourtant le faire paraître plus beau, heureusement qu'il avait eu l'aide de son meilleur ami pour le sortir de ce véritable enfer. Et ces volutes qui s'éloignaient de lui dans une atroce lenteur lui rappelaient ce passé qui ne cessait de le dévorer jour après jour. Il aurait bien pris un petit truc pour oublier si seulement cela ne signifiait pas replonger comme une grosse merde vers ses anciens démons.

Alors qu'il terminait sa cigarette, il entendit une voix devant lui et il vit apparaître sous la pluie battante un étudiant qui n'avait rien à foutre ici si tard. Il écrasa le mégot du talon de sa chaussure et fronça les sourcils. Ce qui l’interpellait n'était pas sa présence mais son air complètement défait en le voyant. Ça, ça voulait dire qu'il avait quelque chose à se reprocher ce merdeux. Oui parce que malgré son affection pour ses étudiants, Gregory savait que lui était un des merdeux qu'il ne supportait pas et qu'il se retenait de ne pas baffer des fois. Il croisa les bras et prit la parole d'une voix légèrement agacée :

- Tadakaï, qu'est-ce que tu fous ici ? Le couvre-feu vous interdit de sortir de vos chambre après 20 H 00, sauf avec une autorisation spéciale.

Il s'avança vers lui, se mettant à la limite du petit préau qui l'abritait encore du mauvais temps. Il remarqua la trace de sang sur sa manche, ce qui me fit légèrement grogner. Avec qui il s'était battu encore cet abruti ? Bordel entre les étudiants qui se bagarraient, ceux qui glandaient et ceux qui considéraient les profs comme des cons, c'était plutôt rude d'être prof ! Alors qu'il allait prendre la parole, il remarqua une autre silhouette derrière Tadakaï. Une fille ? Non, pas de poitrine en vu. Une seule personne pouvait avoir de longs cheveux comme cela, un corps aussi fin, sans la trace de l'arrondi d'une poitrine. Il s'avança sous la pluie vers Phoenix dans le but de voir s'il allait bien. La blessure au coin de sa lèvre lui indiqua que non. Tentant de reprendre son calme, il poussa un lourd soupire avant de se tourner vers l'autre étudiant pour le foudroyer du regard.

- Demain, 8 H 00 pétantes, dans la salle des professeurs pour discuter de ta punition. Retourne dans ta chambre, je veux plus voir ta tête pour ce soir. Quant à toi !

Il se tourna vers Phoenix, la voix toujours sèche. Cette situation avait achevé de l'énerver visiblement.

- Ta punition reprendra demain également. J'ai horreur qu'on se paie ma tronche.

Il avait très mal pris la présence de Phoenix ici. Il l'avait pensé sincèrement blessé, sincèrement mal, et il l'avait libéré pour qu'il puisse se détendre dans sa chambre et tenter de se calmer. Mais il le retrouvait sur le toit du pensionnat, en train de se battre ou il ne savait quoi encore. Il prenait cela comme du pur foutage de gueule. Phoenix s'était bien payé sa tête et le jeune enseignant avant cela en horreur depuis qu'il était séparé de son ancienne compagne. Alors qu'extérieurement il semblait énervé, il était intérieurement profondément blessé. Dire qu'il avait cru en ses larmes. Quelle déception...





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Ven 21 Mar - 12:03
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Pourquoi es-tu là. Ce fut la seule chose qui me traversa l’esprit lorsque je pris connaissance de sa présence en ce lieu. Maudit, par moi-même. Je serre les poings, à m’en faire blanchir les jointures, mais ça ne me préoccupe pas. A dire vrai, plus rien ne m’importe. Juste lui. Il est tout ce que je vois. Il est tout ce que j’entends. Et tout ce que je hais du plus profond de mon cœur. Il n’avait absolument aucune raison d’être ici. Surtout à cet instant précis. Le monde entier avait décidé qu’il était temps de m’apprendre la vie. De me donner un bon coup de fouet. Le monde avait décidé de me rendre ma haine. Et je n’avais pas du tout été préparé à ce moment. Alors son coup bas, je le reçus en plein estomac. Il fut d’une telle puissance, que je me retrouvais dans l’incapacité de respirer.

Mais le pire dans toute cette histoire, voyez-vous, est que j’en vienne à songer à ces sornettes. Qu’est-ce que ça peut bien me faire, qu’il soit ici précisément lorsque je m’y trouve également. Ça n’a aucune importance. Rien n’en a. Pourquoi ça devrait m’affecter. Il n’y a pas de raison à cela. Aucune logique dans mes pensées. Je m’embrouille. Quel est cet horrible sentiment qui s’empare de moi ? Ah, oui. C’est celui qui te donne envie de te cacher dans un trou de souris, et de ne plus jamais en ressortir. Sous aucun prétexte. Pas de la culpabilité. Mieux que ça. La honte. Dieu sait à quel point j’exècre ça. Je vais bien. On ne peut mieux. Je n’ai aucune raison de m’en faire. Tout va bien. Repousse au loin ces pensées absurdes. Je n’ai aucune raison de me sentir honteux. Ni de tressaillir au son de sa voix.

Étrangement – stupidement devrais-je dire -, je n’arrive pas à soutenir son regard. Alors je détourne la tête. Je fuis son regard. Je le fuis tout entier. Et si je n’avais pas été sur le toit, j’aurais pris mes jambes à mon cou. Pour me réfugier et faire disparaître cette atroce sensation. Ce malaise intérieur. Tout ça parce que j’ai laissé quelques larmes couler devant lui. Ça m’apprendra, à montrer mes faiblesses à un inconnu. A les montrer tout court, en fait. Puisqu’à mes yeux, ils sont tous des inconnus. Et les inconnus, ça n’a pas d’importance pour moi. Je me répète, je sais. Mais au moins, je garde de vue mes principes. Ma raison d’être. Et qui je suis. Je n’oublie rien. J’inspire grandement, avant d’expirer longuement, relâchant enfin mes pauvres mains. A force de serrer, j’ai enfoncé mes ongles dans mes paumes. Et laissez-moi vous dire que c’est douloureux.

« Tout ce que vous voudrez, sensei. Blessé et/ou malade, je viendrais quand même, rien que pour vous ~ »

Oui, c’est exactement ça. Reprends ton air habituel. Arrogant. Hautain. Méprisant. Suffisant. Petit sourire en coin – coin douloureux, d’ailleurs, mais j’en fais abstraction pour l’instant. Ayant retrouvé confiance en moi, je peux enfin le regarder en face. Droit dans les yeux. Sans tressaillir. Sans faiblir. Sans ressentir quoique ce soit. Je ne suis que haine. Débris d’un amour paraissant si lointain. Mais je ne suis pas en colère. La bombe n’a pas encore explosé. Elle a encore du temps devant elle. Le compte à rebours tient bon. Mon cœur qui, quelques secondes plus tôt, menaçait de sortir de ma poitrine, s’est enfin calmé. Il bat lentement, à un rythme régulier. Oui. Tout va bien. Je n’ai rien fait de mal. Pour une fois. Je n’ai pas à m’en vouloir. Et personne n’a à être en colère contre moi. Et je peux le dire avec conviction : je suis innocent !

Lentement, je lève les bras. Doucement, je remets mon haut correctement. Cet abruti de Tadakai m’a salement amoché, il me le payerait. Mais plus tard. Gracieusement, je rejette mes cheveux en arrière. Lourds. Mouillés. Comme tout le reste de mon corps. Fichue pluie. Je hais la pluie. Autant que je l’aime. Je n’apprécie juste pas être en-dessous. Pas quand je n’en ai pas décidé ainsi. Je vais finir avec un putain de rhume. Et qui sait qui va faire chier son monde parce qu’il est de mauvaise humeur – à cause d’un connard qui ne pense qu’avec ce qu’il a sous la ceinture qui plus est - ? C’est Niniiiix ! Ok. Il va définitivement me le payer. Pour le moment, je regarde par-dessus l’épaule de mon cher enseignant, cet idiot qui se fait la malle. Et dans quel merdier il me laisse, moi, hein ? Saloperie d’enfoiré. Je vous hais.

« Bon, maintenant que vous avez distribuez rendez-vous et punitions, vous pouvez partir, nan ? » J’en ai ma claque. Ils ne peuvent pas me laisser tranquille ? Que je me lâche un peu. Beaucoup. Que la bombe explose.






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Ven 21 Mar - 19:54
Re: Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie [Phoenix]
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Il venait tout bonnement de se faire trimbaler. Phoenix était un acteur avec un réel talent, il ferait fureur dans les plus grands films. L'enseignant n'y avait vu que du feu, dans son petit manège de larmes et de mal-être. Parce qu'au final, son étudiant s'était ouvertement foutu de sa gueule. À son arrivée ici, Gregory avait rencontré ses collègues avant de rencontrer ses étudiants, logique. Il avait été dans l'ensemble assez bien accueilli malgré son look - nous dirons qu'il a fait preuve d'une rhétorique et d'une syntaxe telle au moment de répliquer à une remarque moqueuse venant d'une enseignante d'âge mûr qui crachait sur sa tenue qu'il avait de suite imposait un minimum de respect parmi tout le corps enseignant et que plus personne ne venait l'emmerder à propos de ses piercings ou autre. L'une des personnes présentes était venu le voir alors qu'il triait ses trombinoscopes par classe afin de lui donner quelques conseils. Il avait montré quelques visage. Foxy en premier. "Elle, elle est casse-burne, je te le dis de suite ! Mais elle est gentille dans le fond, elle veut juste un peu de provocation sans aller trop trop loin". Puis il avait montré Tadakaï : "alors lui t'oublies, non seulement il est con mais en plus il est violent avec ses camarades. Fais attention à toi". Il avait fait le tour comme cela d'une petite dizaine d'élèves, soit exceptionnellement bons ou sages soit exceptionnellement casse-couilles ou violents. Gregory, en son fort intérieur, avait retenu les conseils sauf celui qui lui disait de ne pas s'attacher trop à eux et de ne pas trop croire en ce qu'ils pouvaient lui dire.

Le dernier visage l'avait autant marqué que le premier. Il avait vu le regard de l'enseignant se plisser alors que le doigt glissait sur le coin de la photographie en noir et blanc. "Lui, il provoque jusqu'à la punition. Il est mignon, il a l'air gentil, mais crois aucune parole venant de lui sauf le venin qu'il peut cracher. C'est tout ce qu'il est capable de dire honnêtement : des saloperies". Le soir même, Gregory avait repris ses feuilles pour revoir les visages des étudiants. Longuement, il avait scruté ces traits fins et ses lèvres douces qui ressemblaient beaucoup trop à celles d'une femme. Sous le visage angélique de cet enfant - car il paraissait toujours être cela - le professeur avait secoué la tête en songeant qu'il n'était pas du genre à ne pas donner leurs chances aux gens. Il avait essayé, de toute son âme, de donner la sienne à cet étudiant. Pour au final être complètement fourvoyé par ses larmes. Il avait eu la simple envie de le prendre dans ses bras pour le rassurer, lui dire qu'il n'était pas seul. Mais face à ce regard goguenard, à ce sourire en coin, à ces paroles froides, il se bénissait intérieurement de ne pas avoir cédé. Et il se jura qu'on ne l'y reprendrait plus.

Il prit le temps de se remettre convenablement son perfecto et de se reculer bien à l'abris de la pluie avant de lui répondre. Une remarque acide lui venait en bouche, mais ce n'était pas son rôle de répondre à un con par une insulte. Il était leur guide. Il était comme un ange gardien pour ces gosses. Ce qu'il aurait souhaité sur Phoenix voit ça en lui, plutôt qu'un connard qui lui foutait des mauvaises notes et des punitions... Il poussa un lourd soupire avant de prendre la parole de sa voix neutre, désintéressée :

- Je me contre-fous qu'on te casse la gueule Phoenix, t'es plus sous ma responsabilité au moment où tu sors de mon champ de vision. Mais tu devrais arrêter de suite de te comporter comme ça. C'est pas moi que tu vas blesser - ou le beau mensonge - mais tu vas finir par te retrouver seul. Vraiment seul. Et crois-moi, on s'en sort jamais dans la vie, quand on est tout seul.

Malgré la terrible déception dont il venait d'être la victime ce soir, malgré sa promesse de ne plus se faire avoir, Gregory ne pouvait pas s'empêcher, même énervé, de le conseiller. Bordel il savait même pas ce que c'était que la vie ! Il savait même pas qu'il se détruisait, à agir comme ça ! L'enseignant voulait non seulement pas avoir sur la conscience le suicide d'un étudiant après une dépression mais en plus que ce soit lui. Le monde était déjà beaucoup trop rempli de guerres, de malheurs, de la mort qui rôdait près de chaque personne, pour qu'un adolescent pousse un peu trop le destin. Il avait fait cette connerie qui lui avait fait perdre les plus belles années de sa vie. Il refusait de voir Phoenix sur la même pente que lui. Mais il n'allait certainement pas l'écouter. Gregory s'attendait à se faire renvoyer chier de suite avec ses remarques qui auraient pu paraître moralisatrices mais qui, en réalité, reflétaient une réelle inquiétude de sa part. Mais les ados, eux, ne voyaient que la morale qu'on leur faisait et jamais les vraies intentions derrière des paroles qu'ils méprisaient et oubliaient avec quelques verres d'alcool premier prix.

Il fit un léger signe de la main pour lui signifier qu'il faisait après tout bien ce qu'il voulait, il était pas son père. Au fond de lui, tout se bousculait avec la violence d'un ouragan en pleine mer. Mais son visage n'était marqué que par cette terrible indifférence. Il sentit sa gorge se serrée lorsque se superposa au faciès de Phoenix la photographie en noir et blanc où se détachait un léger sourire. Nullement sardonique celui-ci. Juste un sourire vrai. Que jamais plus il n'avait revu depuis ce bout de papier.

- Maitenant j'ai fini, et maintenant je vais te laisser attraper la pire pneumonie de ta vie, lui dit-il en lui tournant le dos, prêt à partir.





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Ven 21 Mar - 23:30
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Vous savez pourquoi j’aime la pluie ? Parce qu’elle est le parfait voile. Un masque qui recouvre ce que je ne voudrais pas montré. Les larmes ne sont plus visibles. On croit à la pluie. C’est elle qui crée ces sillons sur mes joues. C’est elle qui s’échoue sur le sol. Ploc. On ne voit rien. On ne sait rien. Je l’aime, car elle me cache. Elle me dissimule. Je n’ai plus à faire semblant. Elle le fait à ma place. Je n’ai plus à serrer les dents. Tout se laisse aller. Oui, vous l’aurez sans doute compris. Où je voulais en venir. Mes larmes se mêlent à la pluie. Mouillent mes joues. Elles sont invisibles. C’est la troisième fois, en l’espace de quelques heures. Quelle journée pourrie. J’en ai ras le bol de toutes ces conneries. Je voudrais juste m’enterrer quelque part. Qu’on me laisse en paix. Pour l’éternité.

Je ne supporte pas ce regard. Plein de mépris. Caché derrière cette indifférence feinte. Je sais parfaitement que je ne l’indiffère pas. J’ai trop souvent été confronté à cette lueur, pour la comprendre. La deviner. La maudire. Et la subir. Mon père. Qui ne savait plus où se mettre. Qui pensait ne plus avoir sa place parmi notre famille. Ma mère. Déçue excessivement que je ne sois pas né fille. Qui n’a eu de cesse de prendre le contrôle de ma vie. Et que j’ai finalement abandonné. Elle n’ose plus poser ses yeux sur moi. La dernière fois qu’elle l’a fait – lorsque j’étais à l’hôpital -, elle m’a giflé. Elle m’a dit qu’elle aurait préféré que je meure. Et j’avoue avoir douté qu’elle était la responsable de tout ça. Et je l’ai haï. Avant de comprendre que ça ne servait à rien. Puis j’ai pris la fuite. Loin de tout.

Alors pourquoi faut-il que lui aussi, m’adresse ce même regard ? Ils ne pensent pas que j’ai assez souffert ainsi ? N’est-ce pas toute cette souffrance qui m’a rendu ainsi ? Pourquoi m’en veut-on donc à ce point ? Je suis le seul qui devrait haïr ! Je n’accepte pas cette animosité à mon encontre ! C’est injuste… injustifié… Ne me donnez pas envie de me rapprocher de ce à quoi j’ai l’air. Je ne supporterais plus ce poids sur mes épaules. Cette boule qui se forme en travers de ma gorge. Ce nœud que s’amuse à faire mes tripes. Je voudrais juste vivre. Vivre à ma façon. Libéré de tout fardeau. Pourquoi est-ce que vous me le refusez ? Pourquoi me faites-vous souffrir autant ? Pourquoi, alors que mon intérieur est rongé, détruit, en lambeaux, est-ce que je n’arrive pas à l’exprimer ? Silencieux. Inexpressif. Qui s’en douterait ?

Et il s’en va, sur une dernière réplique. Cinglante. A doubles tranchants. Je voudrais appeler à l’aide. Ma conscience hurle en moi. Mais je la fais taire. Ou plutôt… Je l’ignore. Je ne l’entends plus. Juste les gouttes qui tombent sur le sol. Celles qui tentent vainement de s’accrocher aux bords des toits, et finissent lamentablement par s’écraser. Alors comme ça, c’est ainsi que tout va se finir ? Je sens déjà les ténèbres m’envelopper. J’ai compris. Personne n’a besoin de moi sur cette terre. Qui aurait cru que se sentir aussi dispensable pouvait être aussi déchirant. Il s’éloigne. Je fais un pas vers lui. Inutile. Je ne sais pas quoi dire. Il n’y a plus rien à dire. Impossible de se racheter. Pour une faute que je n’ai pas commise. Dîtes moi juste une chose. Pourquoi me traitez-vous tous de cette manière ? Je ne l’ai pas mérité !

« Attendez… »

Un souffle. Un murmure. Couvert par la pluie qui continuait son inlassable tombé. Alors je me répète. Plus haut. Plus fort. Je finis par hurler. Lui en a peut-être terminé. Mais pas moi. Je sais que je suis inutile dans ce monde. Plus personne ne se soucie de ma présence. Je pourrais très bien disparaitre que ça n’importerait quiconque. Ils seraient tous heureux, au contraire. Meurs, Phœnix. Tu contribueras au bonheur de tous. Tu n’es qu’une ordure dont on désire se débarrasser. Est-ce donc là vraiment ce que tous pensent de moi ? Les temps ont bien changé. Mais s’il y a bien une chose qui n’a pas changé en moi… C’est ma sensibilité. Je suis si sensible aux réactions des autres. A leurs mots. Leurs regards. Mais ceux qui m’ont tendu la main ne l’ont pas fait pour moi. Pour leurs propres intérêts. Alors je refuse. Disparaissez. Laissez-moi seul.

« Qu’est-ce que vous savez de la solitude ?! Vous ne savez rien ! Strictement rien ! Ni de ce que c’est, d’avoir ma vie… De ressentir ce vide nuit et jour… Vous n’avez pas remarqué ?! Je suis DEJA seul ! »

Et mes sanglots ne pouvaient plus être invisibles. La bombe venait d’exploser.






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Sam 22 Mar - 0:06
Re: Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie [Phoenix]
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Un sourire éclaira le visage de l'enseignant qui se trouvait dos à son étudiant. Pas un sourire de joie. Pas un sourire de tristesse. Pas un sourire méchant, moqueur, goguenard, envieux, gentil, sensible, adorable, doux, tendre. Non, pas ce genre de sourire. Pas un sourire qu'on fait comme ça, qu'on ne prévoie pas, qui reflète une émotion brutale qui vous saisit sur le moment. Non. Les lèvres de Gregory se relevèrent très légèrement, alors que l'étudiant ne pouvait pas le voir, dans un sourire de douce satisfaction. Il ne prenait absolument pas plaisir à entendre Phoenix l'appeler, lui dire de l'attendre, presque le supplier. Il n'était pas du genre dominant, à ricaner en disant "supplies-moi sale merde et peut-être que je serais un peu gentil avec toi entre deux gifles". Il était simplement un professeur qui, malgré sa détresse, malgré sa déception, avec réussi quelque chose. Il avait réussi à ouvrir un petit peu les yeux à son élève, et peut-être les siens aussi par la même occasion. Même s'il restait plus que méfiant envers Phoenix, même s'il doutait toujours de la sincérité de ses larmes dans la salle de classe, là il ne pouvait pas se permettre de remettre en doute la vive émotion, l'appel suppliant qui transperçait dans la voix aiguë et douce du pauvre malheureux derrière lui. Il ne voulait que le bien pour ces jeunes gens qui se cherchaient avec tant d'ardeur, et il pouvait leur être d'une quelconque aide, alors il considérait qu'il était un bon enseignant. Parce qu'un bon enseignant ne fait pas que vous prendre le chou en cours avec des théories fumantes ou des concepts à la con, c'était aussi un adulte à l'écoute de ses étudiants, présent, et qui ne comptait pas ses heures s'il s'agissait de leur venir en aide et de les guider vers un bel avenir.

Il se retourna lentement alors que Phoenix explosait littéralement face à lui. La pluie, qui aurait pu dissimuler ses larmes quelques secondes auparavant, semblait les intensifier alors que la voix du jeune homme se brisait dans l'air glacé de la nuit. De la buée sortait d'entre ses lèvres et une seconde, Gregory songea qu'il les avait très belles, ses lèvres. Il perdit son petit sourire cependant sous les paroles de l'étudiant. Il ne savait pas ce qu'était sa vie, en effet. Cela aurait été terriblement hypocrite de lui dire qu'il savait ce qu'il ressentait et tout le tralala qui allait avec cette connerie. Personne ne pouvait savoir ce que les autres ressentait, c'était différent et unique pour chaque personne foulant cette terre. C'était prétentieux de dire que l'on comprenait. À la rigueur, il était possible d'essayer de comprendre, d'essayer d'imaginer en fonction de son propre vécu, mais c'était tout. Deux personnes ayant perdues leurs mères par exemple ne géraient pas la situation de la même manière, donc ne ressentaient pas la tristesse de la même manière, ni le manque.

Sans se soucier plus de la pluie, le jeune enseignant s'avança vers son élève et s'arrêta face à lui, à un petit mètre, pour ne pas lui faire croire qu'il l'agressait. Il le fixa une seconde avant de pousser un lourd soupire. Bien entendu qu'il savait pas, comme Phoenix ne savait pas ce que lui avait pu vivre. Mais c'était pas important de genre de chose. Ce qui touchait Gregory au plus profond de son être, c'était la réelle détresse de son étudiant et le fait qu'il lui crache de cette manière qu'il était seul. Déjà. Ce mot, accentué volontairement, résonna dans le crane de l'homme à lui en donner la migraine. Il mordait pour s'éloigner des autres. Ou alors il mordait pour attirer l'attention. Les deux hypothèses étaient probables, l'important pour le professeur était de savoir laquelle était la bonne et pourquoi un tel comportement. On ne se mettait pas à l'écart de tout le monde de cette manière. L'homme avait besoin des autres, il n'était pas fait pour être seul. Phoenix, lui, était conscient de sa solitude et semblait la cultiver autant que la fuir. C'était étrange.

- Tiens.

Dans un geste qui le surprit lui-même - pas touche à son perfecto d'ordinaire - l'enseignant retira pourtant la précieux vêtement pour le mettre sur les épaules et la tête de son étudiant. La chemise à carreaux qu'il portait en-dessous termina trempée en un clin d'oeil et lui colla au torse au dos et aux bras. Ses cheveux, plaqués sur son front, s'en dégagèrent lorsqu'une main les chassa prestement. Il secoua la tête et un léger sourire fleurit sur son visage. Lui, par contre, c'était un sourire rassurant, plein de tendresse et de la promesse que non, il n'était pas seul.

- La plus grande erreur qu'un adolescent puisse faire, c'est de se croire seul en effet. Avant que tu me le dises, non en effet je ne connais pas ta vie, je ne sais pas ce que tu as pu endurer. Et ça ne me regardera que si un jour tu veux m'en parler, pas avant. Mais Phoenix, bordel de merde, j'ai dis quoi le premier jour, la première heure de cours ?

Il savait que l'étudiant n'allait pas s'en être souvenu. Enfin du moins il pensait, parce que déjà durant le premier cours il lui avait tenu tête et lui avait donné un aperçu de son fort caractère. Il posa doucement sa main sur son épaule et répéta la phrase mot à mot, sans rien y changer, comme si elle était gravée en lui, ce qui était vrai. Cette phrase avait été la première d'un de ses anciens professeurs à l'université, et il avait toujours gardé cela en mémoire et en lui, comme pour donner un sens à chacune de ses actions.

- "Je suis là pour vous casser les couilles tout au long de votre scolarité ici. Mais n'oubliez pas que même si je distribue des mauvaises notes et des heures de colle, je suis aussi le pignouf à aller voir en cas de problème, qu'il concerne votre scolarité ou non". À la seconde où tu as posé pour la première fois le pied dans ma salle de classe, tu n'as plus été seul, je t'assure.





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Sam 22 Mar - 1:39
La crainte. L'espoir. Lequel des deux dominera ?
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« Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie »
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J’aurais pu continuer sur ma lancée. Mais ma voix avait fini par se briser, disparaître sous la pluie que je ne pouvais plus aimer maintenant. J’éclatais, doucement, en sanglot. Je ne comprenais plus rien. Avais-je seulement déjà compris la moindre chose ? Tout me semblait fou. Et pas seulement ma vision. Les larmes ne cessaient de s’échapper de mes yeux. Je n’avais jamais voulu tout ça. Je n’ai jamais voulu être seul. J’aimerais un peu de compagnie. Mais tout me semble si fade. Insipide. Je ne sais plus quoi faire. Je me suis perdu. Je ne suis rien d’autre qu’un enfant ! Et pourtant, le monde entier semble me tourner le dos. Mes cicatrices, intérieures et physiques, se mirent à me brûler intensément. J’entourai mon corps de mes maigres bras, serrant de l’une de mes mains mon haut, à l’endroit exact où la cicatrice laissée par ce jour funeste était.

Un son me parvenu. Semblant lointain. Et en même temps si proche. Je n’avais pas compris. Je n’avais pas espéré. J’avais semblé résolu. Mais j’avais tort. Il était toujours là. Il s’était retourné. Et il s’était approché. Ne vous approchez pas trop, aurais-je voulu lui dire. A trop jouer avec le feu, on finit par se brûler. Mas les menaces, ou conseils, moururent avant même d’avoir dépassé mes lèvres. Comme si ces pensées n’avaient jamais existé. J’avais prié, intérieurement, inconsciemment, pour qu’il reste à mes côtés. Mais j’étais aussi effrayé. Terrifié à l’idée de le décevoir, à nouveau semblerait-il. J’avais peur qu’il me regarde de nouveau avec ces yeux-là. Pourtant il n’était rien pour moi. Il n’était qu’un enseignant parmi d’autre. Avec un petit quelque chose de plus qui le sortait du lot. Et il devait donc me supporter. Moi et ma mauvaise langue. Moi et mes pleurs insensés. Moi.

Je me sentis soudainement protégé de la pluie. Et une douce chaleur, bien que mince, se posa sur mes épaules, offrait un peu d’ombre à mon visage trempé. J’ai d’abord écarquillé les yeux. Puis j’ai touché cette chose posé sur moi. Levé les yeux vers son propriétaire. Une question me brûlait les lèvres. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais rien. Pourquoi faisait-il tout ça. Pourquoi se préoccuper de quelqu’un d’aussi insignifiant que moi. Trop de questions. Aucune réponse. Je me sentais de plus en plus perdu. Mais j’avais ce sentiment en moi, incertain. Je me sentais presque bien. J’avais presque envie de dire : ok. Très bien. J’abandonne. Et me laisser aller pour de bon. Casser une bonne fois pour toutes ce masque qui recouvre mes si beaux traits. Je désirais tant, mais ma crainte m’empêchait de le faire. Et aussi ma haine dévorante. Envers ce monde. Ces gens.

Se croire seul ? Il a faux. Et ce sur toute la ligne. J’ai longtemps voulu croire que ce n’était pas le cas. Mais ma famille m’avait tourné le dos. Lorsque j’avais le plus besoin d’elle. Le seul homme que j’aimais au monde est mort sous mes yeux. Et je n’ai aucun ami ! Comment ne pas me croire seul ? J’ai fini par l’admettre. Je suis seul. Personne n’a besoin de moi, après tout. Au début, ça m’a profondément blessé. Puis j’ai baissé les bras. Et l’ange s’est métamorphosé en démon. Ce monde n’est fait que d’horreurs. Je n’ai rien pu voir d’autre, depuis. La douceur et la gentillesse dont fait preuve ce professeur envers moi. Elle me donnerait la nausée, en temps normal. Elle m’énerverait plus que tout. Je me sens si faible, à la désirer, cette chaleur qu’il dégage. Je ne sais pas si c’est la même…

Non. Ça n’a rien à voir. La chaleur qu’émane des personnes avec qui je passe des nuits agitées n’a rien à voir avec celle que je ressens actuellement. Je la sens, plus en profondeur. Elle fait battre mon cœur. Elle me redonne vie. Un peu. Un souffle de vie. Je le fixe de mes grands yeux noisette. Je ne sais pas du tout de quoi j’ai l’air dans l’immédiat. Mais peu m’importe, vraiment. Comment peut-il affirmer ainsi que je ne suis pas seul. Je n’en crois pas un mot. Alors d’où vient cet éclat, l’espoir, dans mon regard ? Ah, je n’en peux plus… Mes jambes me lâchent, je tombe genoux à terre. Ce n’est pas grave. Je n’ai pas mal. Je n’ai pas froid. Mais mes pleurs redoublent d’intensité, sous une nouvelle émotion. Je cache mon visage en tirant sur le vêtement posé sur ma tête. Je demande, incertain.

« Est-ce… Est-ce que je peux.. vous croire ?... » Ressens-tu la détresse, dans le son de ma voix ? Ces tremblements qui prouvent mon mal-être ? Perçois-tu mon désir ?






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Sam 22 Mar - 18:34
Re: Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie [Phoenix]
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Comme au ralenti, comme dans un film, Gregory vit Phoenix tomber à genoux sur le sol. Il s'inquiéta de son silence, et de ses larmes d'un coup. Il n'avait pas voulu lui faire de mal, il avait juste voulu le rassurer, lui dire clairement qu'il pouvait compter sur lui. Il tendit la main mais ne le toucha pas. Il le regarda se cacher le visage à l'aide du perfecto prêté pour qu'il se protège un minimum de l'averse qui les submergeait tous les deux. Son envie la plus pressante en cet instant fut de le prendre dans ses bras, de l'embrasser doucement sur le front en plongeant une main dans sa lourde chevelure dégoûtante d'eau de pluie. Mais sa retenue, ce foutu code d'honneur qu'il s'imposait, le forçait à ne jamais céder à aucun étudiant. Les quelques contacts qu'ils se permettait étaient une main sur l'épaule ou au pire dans la main de l'étudiant pour le soutenir un peu plus vigoureusement, mais c'était tout. Il ne voulait pas donner de faux espoirs à ceux qui potentiellement pourraient croire en une histoire avec lui (oui parce que le fantasme de l'étudiante et du professeur, ça en faisait baver un grand nombre, sans qu'il ne se vante de ses qualités exceptionnelles) et il voulait également éviter des poursuites judiciaires ou autres trucs de ce genre. D'abord pour pas perdre son boulot et ensuite parce qu'il avait pas envie de gérer les caprices d'une fille à papa qui ne supportait pas qu'on lui refuse le jouet qu'elle désirait avec ardeur.

Mais là, avec Phoenix, est-ce que c'était pareil ? Sa voix, sa détresse, son besoin d'acceptation, de réconfort, tout cela explosait à la figure du jeune enseignant. Sa conscience lui hurlait de ne rien faire, mais pourtant tout son corps ne mouvait. Il se mit à genoux face à son étudiant et pris doucement sa main dans la sienne. Son autre main se posa sur la joue arrondie et du pouce, il essuya la trace de sang sur le rebord des lèvres douces du jeune homme. Il lui fit relever le visage vers lui et plongea son regard rassurant dans le sien. Il prit un peu de temps afin de trouver les bons mots pour le réconforter et surtout répondre à sa question :

- Est-ce que tu crois en toi ?

Il lui caressa doucement la joue et serra un peu plus fortement ses doigts entre les siens. Il revit une nouvelle fois le sourire de cette photographie et secoua un petit peu la tête en fermant une seconde les yeux. Qu'on arrête de le tenter bordel, sinon il allait finir par péter un câble et l'embrasser sur le champ ! Non mais attendez, qu'est-ce qu'il était en train de penser là ? Oula, il avait besoin d'une bière, de suite, maintenant, pour ne pas faire une connerie. Mais il devait d'abord rassurer Phoenix, il ne pouvait pas le laisser tomber dans un moment pareil. D'un il ne le souhaitait pas et de deux, jamais il ne se le pardonnerait.

- Tu ne peux pas faire confiance à quelqu'un si tu n'as pas confiance en toi. Mais si tu as confiance en toi, alors tu sais que je suis sincère, et que je suis là pour toi, pour t'aider. Même après tes études, je serais toujours derrière mon ordinateur ou mon téléphone pour répondre à tes messages en cas de besoin, peu importe le lieu où tu te trouveras. Tu es quelqu'un qui a besoin des autres, plus que quiconque Phoenix.

Dans un geste doux, il le prit par la taille et l'aida à se remettre debout. Il ne voulait pas rester une seconde de plus ici, sinon son étudiant allait attraper mal, et lui aussi par la même occasion. Il se mit au moins à l'abris du petit préau de la porte avant de le regarder, le tenant pour ne pas qu'il ne flanche de nouveau et ne se blesse sérieusement cette fois-ci. Il serra sa main sur le vêtement du jeune homme pour ne pas lâcher prise et il le regarda en souriant légèrement, dégageant une mèche de cheveux de son propre front de sa main de libre.

- Avant d'un discuter, si tu veux en discuter, je crois qu'il faut que tu te réchauffes, et moi aussi. Non ?

Une bonne douche bien chaude, une couverture, un T-shirt tout sec et un chocolat chaud avec une guimauve, c'était le meilleur moyen de se remettre des pires émotions, ou presque.





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Jeu 24 Avr - 3:54
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« Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie »
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J’ai passé tant de temps à me dire que le monde n’en valait plus la peine. Tant de temps à penser que les Hommes ne sont que des déchets. Qu’il fallait que l’on s’éteigne, parce que nous ne montrions que le mal à nos enfants, ceux qui feront notre futur. Alors, quelles sont ces larmes qui dévalent mes joues et se perdent dans l’eau de pluie ? Pour qui coulent-elles ? Pour quel espoir ? Quel avenir ? Je n’y crois plus depuis trop de temps. La vie aurait-elle finalement encore quelque chose à m’apporter ? Je suis curieux sur ce sujet. Je voudrais lui donner sa chance. Cette unique chance qui ne se renouvellera assurément pas. Mais très vite, toutes ces pensées qui sont miennes, s’envolent. Elles s’effacent sous la douceur de cet homme. Qui es-tu pour réussir un tel exploit tel que faire battre mon cœur meurtri ?

« Est-ce que tu crois en toi ? »

Quelle question ! Evidemment que non ! Quelle absurdité ce serait là que de croire en une abomination telle que moi. Pourtant, je veux l’entendre. Continue donc de parler, mon bon professeur. Enseigne-moi la vie. Je veux apprendre. Alors, je ne peux pas te croire, tant que je ne crois pas en moi ? Quel dommage, j’aurais tant voulu te donner ta chance, mais si c’est ainsi, alors c’est fichu. Je t’aurais donné le bon Dieu sans confession, c’est pour dire. L’expression « l’habit ne fait pas le moine » nous va bien à tous les deux, tu sais ? Ah, c’est vrai que tu ne peux pas m’entendre. Je te l’aurais volontiers dit à voix haute, mais ma gorge est si serrée, je suis sûr qu’elle ne laisserait s’échapper que mes sanglots. La mâchoire crispée, je me laisse aller à tes moindres mouvements, sans omettre la moindre résistance, pantin.

Mais je dois bien avouer que tu es d’une telle douceur, tendresse et délicatesse que je ne peux que me laisser aller à tes bons soins. Emporte-moi où tu veux, même dans les limbes, je te suivrais n’importe où. Tant que tu me promets de m’offrir de cette attention particulière. C’est tout ce que je souhaite. Tout ce que je désire. Comment l’as-tu su, que c’était ainsi qu’il fallait s’y prendre avec moi. Je bois chacune de tes paroles, tandis que mes larmes cessent de couler, contrairement à la pluie qui continue de s’abattre impitoyablement sur le monde. Je m’accorde un regard en arrière, là où nous nous trouvions un instant plus tôt. Et je me vois, distinctement, agenouillé pendant que des torrents de paroles amères et douloureuses sortent de ma bouche. Quelque part, c’est douloureux de se voit dans un tel état. L’émotion traverse mon visage, un bref instant.

« Avant d'en discuter, si tu veux en discuter, je crois qu'il faut que tu te réchauffes, et moi aussi. Non ? »

Je te l’ai dis, tout ce que tu veux. Tes désirs sont des ordres en cet instant. Je crois que je me suis perdu en cours de route. Qu’est-ce que je raconte, moi, maintenant ? Comme si je pouvais m’abaisser à tout t’accorder… Tout ça pour quoi ? Pour un beau sourire et des gestes attentionnés ? Phoenix, réveille-toi. Je sais bien que c’est exactement ce que je recherche chez les autres, que c’est ce qui me pousse à finir dans le lit d’à peu près n’importe qui mais… Reprends-toi. Lui, il veut vraiment t’aider, il ne désire pas ton corps ! Oh. Attends. Est-ce vrai ? Puis-je le croire ? Est-il sincère ? Comment le vérifier, être sûr que je peux lui faire confiance ? D’autant plus que c’est un professeur. C’est connu qu’ils sont tous égoïstes et ne pensent nullement au bien-être de leurs élèves… Je me perds.

Est-ce seulement une question de « le croire ou ne pas le croire » ? Qu’a-t-il dit à ce sujet, justement ? Je ne peux pas savoir, si je ne crois pas en moi. C’est ça qui me rend aussi confus. Stupide que je suis. Mais s’il y a bien une chose dont je sois certain, c’est qu’il est fortement probable que je lui saute dessus par mégarde – comprenez-moi, il incarne à cet instant mon idéal. Un second Kazuki à mes yeux. Tout pour me faire perdre la tête. Sauf qu’ayant du mal à lui donner ma confiance, j’ai également envie de le frapper et m’éloigner. Cruel dilemme, mais je ne dois faire ni l’un ni l’autre. Donnons-lui sa chance, il l’a bien mérité. N’empêche, je suis sûr que je pourrais le pousser violemment au sol, m’asseoir sur lui puis l’embrasser fougueusement. Ah, n’y pense pas, espèce de pervers !

« J-Je… D’accord… Mais pour le moment, je peux marcher par moi-même… » On ne dirait pas du tout une jeune écolière éprise de son professeur… Quoiqu’il en soit, je me défais de sa pseudo-étreinte et lui offre en retour un sourire pour qu’il ne s’inquiète pas. Oh, aurais-je réellement souris naturellement ?...






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Les larmes se perdent entre les gouttes de pluie [Phoenix]

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